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 Atsuko Nelka ~

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Atsuko Nelka

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Messages : 7
Date d'inscription : 12/08/2011
Orientation sexuelle : Hétérosexuelle

Carte d'identité
Race: Humaine
Secret: Atsuko a tué des gens lorsqu'elle était plus jeune. Pire, elle en tue encore.
Peurs: L'eau, les insectes & les araignées

MessageSujet: Atsuko Nelka ~   Ven 12 Aoû - 13:00



Nelka Atsuko


♠ NOM: Nelka
♠ PRÉNOM: Atsuko
♠ ÂGE: 17ans
♠ ORIENTATION SEXUELLE : Hétérosexuelle
♠ SITUATION FINANCIÈRE: Plutôt bonne
♠ GROUPE SANGUIN: A +
♠ COULEUR FAVORITE: Le mauve
♠ MÉTIER: Lycéenne
♠ RACE: Humaine
♠ PÉCHÉ CAPITAL: La colère
♠ SECRET: Atsuko a tué des gens lorsqu'elle était plus jeune. Pire, elle en tue encore.

♠ CARACTÈRE: Il est impossible de cerner Atsuko. Elle peut tout aussi bien être gentille, douce comme un agneau tout comme elle peut avoir des sautes d'humeur et être aussi sournoise qu'une vipère. Si je devais la décrire uniquement avec des mots je dirais ceci : Froide et chaleureuse à la fois. Sadique et folle. Immature et pourtant pleine de sagesse. Que de mots qui s'opposent ! Atsuko n'est pas très causante, pas qu'elle soit timide mais elle n'aime pas parler pour rien dire. Toutefois elle ets toujours très franche et n'hésite pas à dire ce qu'elle pense des autres, même si la vérité doit les blesser. Elle est aussi très renfermée sur elle-même, très froide aussi. Elle passe son temps à se chamailler pour tout le monde et perd facilement pacience. Un conseil : évitez de lui rappelez à quel point elle est petite car elle peut facilement en venir aux mains. En bref, Atsuko n'a rien d'amical. C'est à croire qu'Atsuko n'a que des mauvais côtés, n'est-ce pas ? Mais détrompez-vous ! Ne vous avais-je pas dis un peu plus haut qu'elle était douce comme une colombe ? Il n'y a que de rares moments où Atsuko est de bonne humeur. C'est par exemple en la compagnie de ses quelques amis les plus proches de son lycée ou encore quand elle se nourrit de quelque chose à base de cerise (ouais, une accro à ces petits fruits rouges et juteux). Lorsque les gens apprenent à mieux la connaître, ils se rendent finalement compte qu'Atsuko se cache derrière un masque neutre où aucune émotion ne doit filtrer sur son visage, ou très peu. Pourtant cette fillette est très fragile psychologiquement. Il arrive aussi très souvent à Atsuko de cracher des noyaux de cerises à la tête de tout le monde et elle dit souvent "tss" sans oublier qu'elle soupire très souvent... Pour un rien !

♠ HISTOIRE:
Acte I : L'Enfer

La petite s’amusait dans les arbres. Elle coursait les écureuils et essayait d’attraper les oiseaux. Pleins de fois, elle avait agité ses bras et s’était élancée du haut d’une branche. Sa mère l’avait toujours rattrapé. Atsuko était certaine qu’elle aussi pouvait voler. Elle se disait que c’était dans la nature de tout être humain que de savoir battre des ailes. Alors chaque jour, elle essayait encore et encore, de toucher les nuages. Elle riait toujours. Il ne se passait pas un seul jour sans qu’un sourire n’éclaire son visage. Elle était ainsi. Sa jovialité faisait partie d’elle.
Lorsqu’elle s’élança du haut de la cime, sa mère fut là pour la rattraper. Elle n’avait jamais chuté d’une telle hauteur, elle n’était jamais tombée. Elles se serrèrent l’une contre l’autre mais leur étreinte fut vite brisée par un domestique. La mère d’Atsuko était censée se reposer, elle ne devait pas sortir. Ses cheveux commençaient tout juste à repousser, ses yeux étaient plus cernés que jamais. Son T-Shirt mal réajusté laissait voir la cicatrice de son ventre. Une marque jaune sale. Ce fut la première fois qu’Atsuko posa les yeux dessus, elle ne savait pas ce qu’était et ne souhaitait pas le savoir.
La femme rentra dans la demeure familiale, laissant la petite toute seule dans le jardin. Elle s’assit dans l’herbe et se mit à observer les nuages. Elle aimait inventer des formes à tous ces cumulus-nimbus. Ses seuls amis. Elle passait la plupart du temps à leur parler, à essayer de les apprivoiser aussi. Beaucoup diront que cette petite étaient folle. D’autres commenteront sur sa solitude. Mais la vérité, quelle était-elle ? Seule Atsuko le savait. Cette fillette ne parlait pas beaucoup. Elle n’adressait jamais un mot aux inconnus, discutait très peu avec les domestiques et était peu proche de ses parents. Sa mère ne pouvait jamais être avec elle, elle devait toujours se reposer. Et son père… Son père, elle ne le voyait quasiment jamais. Son précepteur lui avait dit que si elle étudiait énormément, son père serait fier d’elle, ainsi elle pourrait le voir. Mais depuis qu’elle savait lire, elle ne faisait que cela : apprendre. Elle passait la plupart du temps le nez dans ses bouquins, essentiellement la nuit, le jour elle ne cessait de vagabondait dans le jardin. Pourtant elle n’apercevait jamais l’ombre de son paternel. Il restait cloîtré dans son bureau, étudiant différents dossiers. Sa petite sœur, Lily, commençait tout juste à s’éveiller pour les études et avait un goût très prononcé pour la musique. Le violon, plus particulièrement.

Atsuko balaya l’air de la main. Elle souhaitait qu’un nuage à la forme étrange du Diable s’en aille le plus vite possible. Ce personnage lui faisait peur, elle le craignait. Elle se rappelait très bien les histoires que sa mère lui lisait étant petite. Elle ne cessait de lui répéter que si elle n’était pas sage, le Diable et ses sbires viendraient la punir. La petite n’avait jamais chassé cette image péjorative de sa tête. Elle revoyait encore ces cornes et cette queue fourchue qu’illustrait si bien son livre d’images.
Le verre de cerise à l’eau se renversa sur l’herbe fraîche. Un faux mouvement d’Atsuko lorsqu’elle avait vu cette allégorie du démon. Une brise vint s’engouffrer dans le kimono aux couleurs chatoyantes. Elle réprima un frisson mais resta allongée. La soirée s’installait petit à petit. La nuit approchait à grands pas. Elle rentrerait bientôt, elle souhaitait rester dans la lumière, être protégée des ombres. Elle prêtait des propriétés malfaisantes à l’obscurité, aux ténèbres aussi. C’était la nuit que le diable venait pour faire apprendre la politesse enfants mal élevés. D’ordinaire, Atsuko n’était pas crédule mais elle croyait dur comme fer à l’existence des Enfers. Chaque nuit, elle craignait de sombrer dans les bras de Morphée. Elle aurait aimé crier, pleurer. Pourtant elle se rappelait sans cesse que sa mère lui avait dit un jour qu’elle devait être forte. Pour elle. Pour eux tous. Elle ne devait pas craquer lorsque les démons de ses cauchemars ressurgissaient. Ses peurs enfouis au fond d’elle-même. Au fond du gouffre.

Elle se leva, les jambes engourdies et s’en alla d’un pas lent et lourd en direction de la salle à manger. Sa mère n’était pas attablée ce soir-là. Elle n’avait pas faim. Atsuko mangea donc en silence sa soupe puis prit la direction de sa chambre. Lorsqu’elle déambula dans le couloir, un violon retentit. Elle passa devant la porte de Lily sans se retourner.
Une fois dans sa chambre, elle jeta le livre qui se situait sur son lit et s’engouffra sous les draps. Là elle pleura à chaudes larmes. Elle ne savait pas pourquoi elle pleurait. Elle savait juste que c’était le seul moyen qu’elle avait pour se sentir mieux, pour exorciser sa peine, pour fuir la réalité aussi. Elle ne supportait plus tous ces mensonge au sein de sa propre famille. D’un côté, son père vivait dans le silence, n’accordant que très peu d’attentions à ses enfants et de l’autre, sa sœur l’ignorait. Elle ne savait plus quoi penser. Elle aurait aimé être comme tous les autres enfants, avoir deux parents sur lesquels compter et avoir une sœur qui soit là. Pour elle.
Elle pleurait pour sa sœur qui affichait toujours ce sourire maudit. Si ses lèvres souriaient, ses yeux, eux, étaient vides de toute émotion. Atsuko n’était ni aveugle, ni stupide. Elle voyait très bien que la joie de sa mère était feinte. Elle ne savait pas pourquoi elle se comportait ainsi mais la petite en avait assez de tous ces secrets.
Son père ne voyait pas les deux filles qu’il possédait. Que demandait-il de plus ? Atsuko travaillait dur pour le satisfaire mais lui ne voyait que les mauvais côtés. Il ne l’encourageait jamais, ne la félicitait pas non plus. Atsuko avait conscience de donner tout ce qu’elle avait mais ce n’était pas assez. Il avait honte d’elle. Elle en était sûre désormais. Où étaient les paroles réconfortantes lorsqu’elle en avait besoin ? Où étaient les « je t’aime » ? Où étaient les étreintes affectives ? Il n y avait rien de tout cela dans le comportement de cet homme. De la haine, c’est tout ce qu’elle voyait en lui. De père, il n’en avait que le nom. Rien d’autre.
Lorsqu’elle réussit à trouver le sommeil, les lumières de la demeure étaient toutes éteintes. Seuls les quelques lueurs de la Lune parvenaient jusqu’à la chambre d’Atsuko. Elle ferma les yeux et succomba aux doux bras de Morphée.

Lorsque les premiers chants des oiseaux la réveillèrent tôt le matin, Atsuko était encore plus fatiguée que la veille. Son sommeil avait été agité, elle n’avait cessé de crier devant tous ces cauchemars, ces visions d’horreur. Ses joues étaient humides. Elle les essuya, s’habilla d’un de ses traditionnels kimonos si atypiques puis sortit dans le jardin. Elle savait que sa mère venait tôt sur la terrasse, lorsque tous dormaient encore. Pourtant, personne n’y s’y trouvait aujourd’hui. Elle soupira mais se reprit bien vite. Sa mère n’allait pas tarder, elle en était certaine. Les quelques rayons du soleil la réchauffait. Les températures étaient assez fraîches et Atsuko ne put s’empêcher de frémir. Elle regarda le ciel. Un ciel bleu et limpide. Pas un nuage à l’horizon.
En ayant assez d’attendre, Atsuko s’en alla en direction des arbres. Son cerisier était magnifique. Elle le considérait comme étant le sien car elle aimait s’adosser sur son tronc et lui parler, encore et encore. Elle ne cessait de répéter que si ses fruits étaient si bons, c’était grâce à elle. Personne n’avait jamais voulu la vexer en lui affirmant le contraire. Elle commença à grimper sur l’arbre. Elle attrapa une branche, se hissa grâce à la force des bras et commença son ascension. D’en haut, elle avait une vue plongeante. Elle se sentait heureuse, une fois en hauteur. Rien ne pouvait la déloger de son perchoir. Elle aimait sentir le vent caressait son visage, elle aimait l’entendre lui parler, lui murmurer des mots doux dans le creux de l’oreille. Le vent était son ami. Elle se sentait proche de lui. Aussi libre qu’elle, peut-être plus. C’était sans doute cela qu’elle lui enviait. Elle se tenait à peine à la branche, elle n’avait pas peur de la chute. Elle était habituée à se jeter dans le vide. Elle ferma les yeux puis compta jusqu’à dix. Un décompte lent. Un oiseau vint se poser sur son épaule lorsqu’elle arriva à huit. Elle lui sourit. L’oiseau s’envola. Elle regarda le vol du volatile pendant quelques instants puis reprit son décompte. Elle n’était pas si haut que cela. Juste quelques mètres de hauteur. Le feuillage lui cachait le sol. Mais elle ne craignait rien. Elle le savait.
Dix.
Elle se jeta dans le vide, les yeux toujours clos.
Sa mère serait là, elle en était certaine. Elle avait toujours été là pour elle. Elle ne lui ferait pas bond cette fois-ci.
Elle atterrit sur le sol dur et ferme.
Elle rouvrit les yeux.
Une domestique arriva, des larmes roulaient sur ses joues.
Sa mère n’était pas là. Sa mère n’était plus là.

~


Elle n’était plus libre de ses mouvements désormais. Elle se sentait enchaînée, enfermée entre quatre murs. Ses béquilles étaient un fardeau trop lourd à porter. Un nerf. Un misérable nerf rompu l’empêchait de courir à son aise ou de grimper aux arbres. Mais elle ne s’en voulait pas. Beaucoup de mauvaises langues diront que le geste d’Atsuko fut idiot, d’autre encore diront que c’était un appel à l’aide. Ni l’un ni l’autre. C’était juste le jeu favori de cette petite. C’était. Aujourd’hui, elle ne faisait plus d’acrobaties d’haute voltige, elle avait déjà assez donné avec sa jambe.
Un livre était entrouvert, posé sur son lit. Un livre que la petite n’aurait jamais dû ouvrir. Elle s’était éprise d’amour pour les lettres ainsi que pour les livres. Elle avait bien l’intention de dévorer tout ceux qu’elle trouverait. À commencer par ceux de la bibliothèque familiale. Elle aimait beaucoup la poésie, notamment Charles Baudelaire sans oublier bon nombre de romans classiques. Elle avait plus de réticence quand au théâtre, ces tragédies éponymes comme Médée, Antigone ou encore Iphigénie.

Atsuko était en train d’écrire lorsque la mélodie d’un violon retentit. Une mélopée lente, presque triste. Elle en avait assez de cette ambiance mortuaire. Elle attrapa ses béquilles et s’en alla la jambe boitante en direction de la chambre de Lily. Elle ouvrit la porte d’un coup sec. Le bruit cessa aussitôt. Les yeux rouges de Lily fusillaient du regard son aînée. Mais Atsuko n’y fit pas attention. Cet air que jouait Lily, elle avait tout de suite reconnu. Elle s’en alla vers le fond, cherchant du regard cette boîte à musique que sa mère avait offerte à Lily. Elle souleva des piles de vêtements sales, chercha sous le lit mais ne trouva rien. Au bout de plusieurs minutes, la cadette arriva, exhibant fièrement une boîte en satin noir :
- C’est cela que tu cherches ?
Un regard noir anima les pupilles d’Atsuko. Aujourd’hui elle n’était pas valide mais tôt ou tard elle lui ferait regretter son arrogance. Elle savait que tous ses efforts serviraient et qu’elle retrouverait un jour l’usage complet de ses jambes. Le temps était son ami. Elle patienterait. La vengeance n’est-elle pas un plat qui se mange froid ? Glacial, même.
Deux années plus tôt, la relation des deux sœurs n’était pas aussi critique. Elle ne s’adressait que très peu la parole mais au moins n’en venait-elles pas aux menaces. Aujourd’hui, la fraternité entre ces deux filles n’existait plus. L’ignorance avait petit à petit cédé sa place à la haine. Une haine qui les consumait toutes deux de l’intérieur. Elle les dévorait. Elle rongeait petit à petit l’humanité qui étaient en elles. Atsuko était sans aucun doute celle qui était la plus touchée. Qu’était-il advenu de cette petite qui souriait et aimait la vie ? Seuls des bribes subsistaient encore. Mais pour combien de temps ? Bientôt toutes ces poussières seraient balayés, cédant la place à une autre.

Tout avait commencé le jour où Atsuko avait fait cette chute de plusieurs mètres. Les larmes qui avaient coulés et les cris qui avaient retentit n’étaient pas les siens. Ses yeux n’étaient pas flous, elle avait mal mais se retenait de crier. Tôt ce matin, une domestique était sortit, les yeux humides et avait trouvé Atsuko étendue sur le sol. Elle fut envoyée à l’hôpital. Pendant ce temps, sa mère avait déjà rendue son dernier soupir. La veille, elle n’avait pas mangé, s’était couchée et avait gardée les paupières closes. La maladie l’avait emportée. Lorsqu’elle apprit la nouvelle, Atsuko ne réagit pas d’abord, ne versa pas une larme. Elle refusait d’y croire. Elle pensait que sa mère avait fait semblant, qu’elle allait se réveiller. Mais cela n’était pas un conte de fée mais bel et bien la réalité. Après plusieurs semaines passées à l’hôpital, elle vit son père parler avec un homme vêtu de noir. Elle ne savait pas qui il était mais devina qu’il était important. Elle ne demanda rien et passa devant comme si de rien n’était. Son père ne lui avait pas adressé un seul regard. Pas un seul regard pour cette pauvre petite en partie infirme. Elle s’était alors réfugiée vers les livres, n’avait cessé d’étudier la littérature et passait son temps à écrire toutes sortes de choses. Lorsque la nuit tombait, elle rêvait qu’elle aussi révolutionnait le monde grâce à ses textes comme Hugo ou Voltaire. Elle s’endormait avec l’envie de devenir un jour écrivain.
Sa sœur, elle, s’était davantage axée sur la musique. Elle s’était enfermée dans un silence religieux que seul brisait les notes que jouait son violon. Elle n’ouvrait presque plus la bouche. Elle avait commencé à chérir cette boîte à musique que sa mère lui avait offerte. L’avait veillé et y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Il ne passait pas un jour sans qu’elle ne l’ouvre pour écouter la mélodie qui s’en échappait. Elle connaissait par cœur les paroles de cette comptine.

Atsuko ressortit de la chambre, un dernier regard haineux posé sur la boîte à musique. Elle s’en alla en direction de la salle de sport. Elle passait plusieurs heures par jour à la rééducation. Elle n’abandonnerait pas tant qu’elle ne saurait pas à nouveau marcher sans ces satanés béquilles ! Se déplacer était une souffrance, elle avait honte de ce corps mutilé. Elle posa une main tremblante sur la poutre de bois, lâcha ses béquilles et commença à marcher. Chaque pas était une souffrance. Tout son être tremblait. À chaque fois, elle aurait souhaité mourir plutôt que d’endurer ce supplice. Elle fit deux allers-retour puis attrapa maladroitement ses béquilles. Elle était déjà épuisée.
Au début, les domestiques ne cessaient de vouloir aider Atsuko. Mais elle leur fit bien comprendre qu’elle ne voulait pas de leur soutien. Elle souhaitait se débrouiller seule, prendre son indépendance. Peut-être plus tôt que prévu. Peut-être cet accident l’avait-elle à se trouver, à explorer l’intérieur de son âme. Et tout cela n’était qu’un début. Elle voulait repousser les limites de l’impossible, ces frontières invisibles mais pourtant bien réelles. Elle voulait contempler la véritable nature de son être. Pour cela il n’y avait plus qu’une solution : retrouver au plus vite l’usage de ses jambes !
Elle sorti de la salle et bifurqua en direction de la cuisine. Tous ces efforts l’avaient épuisés et assoiffés. Elle avança avec peine. Elle se servit une bonne rasade de cerise à l’eau. Et, il faut le dire, il y avait davantage de sirop que d’eau. Elle se désaltéra puis entendit des pas. Elle se retourna et vit son père qui allait chercher un café. Cela faisait tellement longtemps que ces deux-là ne s’étaient pas adressés la parole. Peut-être devait-elle faire le premier pas ? Mais comment réagirait-il ? Devait-elle s’excuser ? Oui, mais de quoi ? Que lui reprochait-il ? Elle décida que la meilleure solution était de demander, ainsi elle pourrait être fixée. Elle n’était plus une gamine désormais, elle avait l’âge de comprendre. Si autrefois les discutions de grands lui étaient interdites, ce n’était plus pareil maintenant. Elle avait grandit, plus mature aussi.
- Dis, Papa…
Sa phrase resta en suspens. Son père n’avait même pas cillé lorsqu’elle l’avait apostrophé. Elle s’obligea tout de même à poursuivre.
- Dis Papa, pourquoi me hais-tu à ce point ?
Silence.
Les mots étaient sortit d’eux-mêmes. À peine furent-il prononcés qu’elle les regretta aussitôt. Il était trop tard maintenant, le mal était fait. Mais au fond, Atsuko n’avait peut-être pas tord. Une ignorance répétée ne pouvait que conduire à une haine profonde, inimaginable aussi.
- Tu n’es rien pour moi.
La petite faillit s’étrangler avec son sirop. Elle s’était déjà imaginé plusieurs fois poser ce genre de question à son père. Mais jamais elle n’avait envisagé cette possibilité. Rien ? Que voulait-il dire par là ? Elle ne savait plus quoi penser. Elle avait envie de hurler, de crier sa rage mais rien ne sortit. Pas un mot, pas un son.
Son père s’en alla, son expression était toujours neutre. Rien n’avait changé en lui. Il avait prononcé cette phrase avec un calme déconcertant. Avec un naturel qui n’était propre qu’à cet homme. Il l’avait dit, et c’était tout.
Une boule coincée au fond de la gorge, Atsuko remonta. Elle ne voulait plus faire d’exercice. Elle en avait assez fait aujourd’hui. Les escaliers grincèrent sous son poids. Le violon avait recommencé à jouer. Si Atsuko était parano, elle aurait pu jurer que les cordes grinçaient d’une étrange façon. Un peu à la manière d’un rire. Un rire sec et noir qui n’avait rien de plaisant.

Acte II : Le Purgatoire

Trois ans. Le temps qu’il avait fallu à la jambe d’Atsuko pour servir à nouveau. La rééducation avait été lente et douloureuse. Pourtant, elle avait été tenue le coup et y était arrivée. Elle avait onze ans désormais.
Le manteau blanc de la neige recouvrait toutes les surfaces. Pas un seul brin d’herbe n’avait su résister à cette aire polaire. Pourtant Atsuko se trouvait dehors, ce qui était plus étrange était qu’elle soit pieds nus. Bizarrement, elle n’avait pas froid. Elle se sentait bien même. Les flocons flottaient dans l’air, Atsuko essayait de les attraper un par un, les gobant à l’aide de sa bouche. Le blanc qui recouvrait ses cheveux offraient un merveilleux contraste avec ses mèches noirs jais.
Lorsqu’elle passa devant la fenêtre de sa sœur, elle entendit les cordes vibraient de son violon. Sortir dehors l’avait au moins empêché de subir cette pratique quotidienne. Elle marcha dans la neige, s’amusa à regarder les empreintes que ses pieds laissaient avant de faire un bonhomme de neige.

Elle se dirigea vers la grille et observa les enfants qui jouaient dehors. Beaucoup d’entre eux faisaient des batailles de boules de neige. Atsuko n’en avait fait. Lily n’avait jamais accepter d’en faire avec elle. Elle se centrait uniquement sur sa musique, rien d’autre. Elle s’était coupée du monde extérieur. Elle ne connaissait personne avec qui elle aurait pu s’amuser un peu. Si, il y avait bien une amie sur laquelle elle pouvait compter mais Atsuko ne pouvait sortir sans autorisation de sa gouvernante. Elle devait donc se contenter d’observer les autres à travers la grille imposante de la masure.
Les enfants rentrèrent bien vite chez eux. Le froid était bien plus vif que tantôt et la nuit approchait à grands pas. La jeune fille ne s’était pas rendue compte à quel point le temps passait. L’horloge du centre-ville sonna neuf coups. La lune était pleine ce soir. Les étoiles brillaient, des myriades de points lumineux éclairaient le chemin de la fillette. Il n’avait pas cessé de neiger de la journée. Lorsque Atsuko voulut s’amuser à remarcher à travers ses empreintes, tout avait été recouvert. Ce n’était pas grave. Le jardin était grand mais elle connaissait par cœur. De jour comme de nuit, elle s’était amusée maintes et maintes fois à l’explorer.
Elle n’était pas pressée de rentrer. Elle marchait d’un pas lent, sautait dans la neige puis se retrouva nez à nez avec son bonhomme de neige. Elle le contempla pendant de longues minutes, fière de son œuvre. Elle eut une brève pensée pour sa mère, se demandant si là où elle était, elle voyait les faits et gestes de sa fille. Et si elle était fière d’elle. Elle retira les deux cerises confites qui faisaient office d’œil et les engloutit. C’était dur et froid, quoi de plus normal pour un hiver ?
Lorsqu’elle arriva devant l’entrée principale, elle hésita. Elle n’avait pas envie de rentrer tout de suite. Elle savait que le dîner allait être servit d’un instant à l’autre mais elle n’avait pas faim. Elle s’autorisa du temps supplémentaire dans le jardin. La fontaine lui faisait face. Elle n’avait jamais aimé cet objet. Cette chose tape à l’œil l’exaspérait plus qu’autre chose. Elle détourna bien vite le regard et continua sa promenade.

Elle arriva enfin devant la mare. Des grenouilles croassaient. Atsuko s’accroupit dans la neige et les observa. Elle aimait ce concert harmonique qu’étaient le chant des grenouilles. Elle aimait ce côté naturel qui émanait de ce chant. Elle aimait tous les bruits que pouvaient faire les animaux. Cela allait du crissement des cigales en passant par le hululement des chouettes. Elle aimait les cris des chiens errants et les hurlements des loups qu’elle avait pu apercevoir une fois, lors de son voyage à Toronto. Les miaulements des chats l’aidaient à s’endormir, le soir et les bourdonnements des abeilles l’emplissaient de joie.
Elle se releva, lasse de ce spectacle et s’en alla devant le bassin des poissons rouges. Le fond n’était pas visible. Pas parce que c’était la nuit mais parce que ce gouffre était sans fin. C’est du moins ce que pensait Atsuko et ce qu’elle voyait à travers ses yeux. La lune éclairait très bien le bassin et les carpes étaient visibles. La petite approcha une de ses mains vers un des poissons, essayant de le caresser, de l’effleurer même. Mais l’animal était plus rapide qu’elle et un coup de nageoire il n’eut aucun mal à éviter les doigts d’Atsuko. Déçue, elle essaya encore et encore.
Elle ne souhaitait pas abandonner. Elle avait décidé qu’elle toucherait les écailles de l’animal et elle ne cesserait que quand elle aurait réussit. Comprenant qu’elle n’y arriverait pas ainsi, elle grimpa sur l’escabeau posé juste à côté et se pencha vers l’eau. Sa main faisait des remous qui effrayaient les carpes. Elles allèrent plus profondément encore. Elles n’étaient plus visibles désormais.
Mais l’une d’elle regagna la surface. Atsuko se pencha.
Elle bascula.
Les yeux entrouverts, elle observa les profondeurs. Elle ne savait pas ce qui se passait, ne comprenait rien. Les poissons virent nager près d’elle.
Le froid lui mordit la peau.
L’air commença à manquer.
Elle ne cessait de chuter dans ce puits sans fond.
Elle ferma les yeux.
Ses poumons étaient sur le point d’exploser et, lorsqu’elle inspira, n’y tenant plus, ce de l’eau glaciale qui s’infiltra dans son nez, et non de l’air pur.
Elle se débattit dans l’eau, fit des mouvements amples mais cela ne servait à rien. Elle coulait. Malheureusement pour elle, elle n’avait jamais apprit à nager. Elle n’en avait jamais vu l’utilité. Au fond d’elle, elle avait toujours eu peur de l’eau. Elle ne savait pas pourquoi mais elle ne supportait pas l’idée d’aller à la piscine. Alors elle avait tout fait pour se tenir le plus éloigné de cette phobie, pensant que de refuser d’apprendre la natation serait une bonne idée. Elle trouva que cette mort était stupide.

Lorsqu’elle se réveilla, elle était enveloppée dans une couverture. Elle cracha de l’eau avant de se rendre compte que sa gouvernante était-elle aussi trempée. Elle n’avait donc pas rêvée. Ce qui venait de se passer était réel. Elle ne dit rien, n’esquissa pas un sourire et n’ouvrit pas non plus la bouche pour dire « merci ». Ce mot sonnait bien trop faux dans sa bouche. Elle n’était pas une menteuse.
La gouvernante lui tendit une tasse de chocolat chaud qu’elle accepta en silence. Elle ne voulait pas être la première à le rompre. Ce calme avait quelque chose de reposant et d’agréable après ces derniers évènements. Elle s’enivra des odeurs du cacao avant d’en boire une gorgée. Le liquide était brûlant. Elle but la boisson d’un trait avant de monter prendre sa douche.

Le jet d’eau chaud était bon. Elle aurait aimé rester davantage sous l’eau. Et puis elle se souvint de ce qui s’était passé. Elle fixa étrangement le pommeau avant de couper l’eau et de s’essuyer à l’aide d’une serviette.
Elle contempla son kimono trempé. Elle n’était pas passée loin. C’était la deuxième fois qu’elle en réchappait. Elle se rappela alors tous ces héros tragiques dont elle avait dévoré les œuvres. Antigone, Médée, Iphigénie, Phèdre… Toutes devaient subir la Fatalité. Elles ne pouvaient rien face à leurs destins. Se pourrait-il qu’elle soit elle aussi maudite et que la mort ne cesse de la pourchasser ? Non, c’était tout simplement stupide. Elle était au contraire, chanceuse. Sans doute la personne la plus chanceuse au monde pour s’en être sortit deux fois in extremis.
Une idée germa alors dans la tête d’Atsuko. Elle ne voulait pas subit la fatalité, elle voulait choisir son destin. Elle ne voulait pas que la mort puisse s’en prendre à elle ou qu’elle puisse s’amuser avec elle, comme un chat joue avec une souris. Jusqu’à l’épuisement. Là seulement l’animal arrête de s’en prendre à sa victime.
Atsuko allait faire de même. Elle serait un prédateur et la Mort serait sa proie. Elle la pourchasserait, la provoquerait. Jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite et qu’elle en ait assez, qu’elle se désintéresse totalement d’elle.
Plus aucun doute, c’était cela qu’elle allait faire. Pour le moment elle n’était encore qu’une gamine mais bientôt, très bientôt, le temps sera venu pour elle de prendre les armes. Au sens propre.

~


L’air était un délicieux mélange d’odeur de pop-corn, de barbe à pape, de gaufres, de crêpes et de pommes d’amour. Alyss ne tenait pas en place et courait partout, traînant Atsuko par la main. Lily elle, était loin derrière, elle avait, pour une fois, lâché son violon et était partit s’amuser, comme tous les enfants de son âge. Atsuko ne cessait de râler, ce qui amusait davantage Alyss. Les deux fillettes allaient d’un manège à l’autre. Dire qu’il y a encore six ans, la ville était si peu prospère que pour Pâques il n’y avait qu’un misérable carrousel sur la grand-place. Aujourd’hui, c’était une immense fête fontaine joyeuse et criarde qui divertissait les petits et les grands. Alyss avaient des étoiles plein les yeux lorsqu’elle fit pour la première fois du train fantôme et mangea une barbe à papa. Elle avait dû insister pour qu’Atsuko accepte de venir avec elle.
Non loin, Lindsay, la sœur jumelle d’Alyss s’amusait elle aussi. La seule qui trouvait cela terriblement ennuyeux était Atsuko. Ces couleurs étaient aveuglantes, ces musiques bruyantes et les odeurs nauséabondes. Non, il n’y avait vraiment rien d’intéressant à voir ou à faire à une fête foraine. Elle croqua à pleine dent dans la crème glacée de sa glace italienne à la cerise. Le froid la fit tressaillir d’abord mais elle renouvela l’expérience. Elle aurait tout aussi bien pu passer son week-end dans les bouquins que ça en aurait été aussi, voire plus intéressant. Elle soupira.
Ses yeux se posèrent alors sur Alyss. Elle était un peu plus grande qu’Atsuko et ça, Atsuko n’aimait pas cela. Alyss faisait carrément une tête de plus qu’elle ! Ses cheveux étaient blancs et ses pupilles noisettes. C’était à croire qu’Alyss avait honte de son corps car elle dissimulait toujours ses formes sous des vêtements noirs et disgracieux. Pourtant Atsuko la trouvait très jolie. Mais bon, ce défaut était peut-être de famille car Lindsay, elle, n’arborait que des habits du style « militaire », c’est à dire des vêtements amples te de couleur kakis. Atsuko soupira à nouveau, cette fois-ci devant les ressemblances qui unissaient Alyss et Lindsay. Lily et elle ne se ressemblaient en rien. Leurs goûts étaient différents, leurs opinions, leurs façons de s’exprimer et leurs caractères aussi. Seuls subsistaient les traits du visage et les longs cheveux bruns. Lily faisait la même taille qu’Atsuko, ce qui rappelait à l’aînée à quel point elle était petite.
Alyss entraîna Atsuko vers un carrousel proche. L’une s’assit sur un cheval en bois et l’autre prit place dans un carrosse. Elles essayèrent d’attraper le pompon qui se balançait d’avant en arrière. Finalement ce fut Alyss qui réussit à l’attraper la première. Elles rigolèrent longuement avant de s’éloigner du manège. Alyss offrit le pompon noir à Atsuko, qui l’accepta volontiers. Elles s’en allèrent alors vers des manèges à sensations fortes. L’accès de certains d’eux furent refusés à Atsuko soi-disant parce qu’elle n’avait pas la taille requise. Elle s’énerva et, finalement le forain, paniqué, accepta de laisser cette étrange fillette et son amie passer. Elles crièrent pendant tout le trajet. On ne savait pas qui des deux hurlèrent le plus fort, toujours est-il que les personnes dans les autres wagons en eurent mal au crâne à la fin du tour.
Lily retrouva bien vite sa grande sœur, qu’elle croyait avoir perdue et ne la lâcha plus d’une semelle. Atsuko soupira à nouveau. Si elle devait compter le nombre de fois où elle soupirait en une journée, le résultat serait forcément élevé.
Alyss lui hurla une phrase dans les oreilles qu’elle ne comprit pas. Ce n’était pas à cause de la musique environnante qu’elle n’avait pas saisit les propos d’Alyss mais plutôt à cause des pensées qui vagabondaient dans son esprit. Les yeux des deux fillettes se croisèrent et le souvenir de sa rencontre avec cette jeune excentrique ressurgit alors dans son esprit, un peu à la manière d’un flash.

Atsuko avait six ans. Elle jouait tranquillement dans le parc de la ville, sa gouvernante non loin l’observait du coin de l’œil. Elle tenait par la main sa petite sœur, Lily, qui s’amusait dans le bas à sable, renversant des poignées entières sur Atsuko. Mais la fillette en kimono ne bronchait pas. Elle souriait juste. Sa petite sœur avait bien le droit de s’amuser un peu, même si c’était au dam de son aînée. Elles riaient bruyamment lorsqu’un autre rire se joint aux leurs, puis encore un autre.
Deux fillettes du même âge qu’Atsuko leur faisaient face. Elles s’observèrent longuement. Intimidée, Lily détourna le regard et s’en alla vers la gouvernante, timide et apeurée.
Atsuko détailla les deux filles qui avaient prit place dans le bac à sable. Elle ne souriait plus maintenant. Elles les observait juste. Intimidée, une des deux jumelles s’en alla faire un tour de toboggan.
Sur ce, elle l’abandonna avec Atsuko.
Atsuko et l’autre se toisèrent. L’une bougea ses mains. Atsuko plongea ses yeux dans ceux de l’individu, grandes flaques placides, et se demanda ce à quoi elle pouvait bien songer. L’autre fillette la regardait avec douceur. Ni l’une ni l’autre ne cillaient. Ni l’une ni l’autre ne prononçaient un mot.
Une heure plus tard, quand elle revint accompagnée de la gouvernante, Lily les découvrit dans cette posture.

Elles se revirent plusieurs fois et apprirent à se connaître. Le plus souvent, c’était surtout Alyss qui parlait, Atsuko, elle, se contentant d’écouter de que sa nouvelle amie lui racontait.
Une personne ne connaissant pas Atsuko aurait pu penser que cette dernière se fichait d’Alyss mais ce n’était pas du tout le cas. Atsuko y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Et Alyss le savait. À la différence des autres, Atsuko ne montrait jamais ce qu’elle ressentait réellement, on ne pouvait être sûre de rien avec elle. Pourtant Alyss savait toujours quand son amie avait des problèmes et savait ne pas se montrer indiscrète. La curiosité était un défaut dont Atsuko avait en horreur. Son amie l’avait très bien comprit.
Une fois, Lily était restée avec Atsuko et Alyss, les observant. Les deux amies ne faisaient que de se fixaient.
Comme deux chiens de faïences.
De temps à autre, l’une d’elle ouvrait la bouche, mais jamais pour parlait longuement, souvent quelque chose de court.
Après cette expérience troublante, Lily n’avait plus jamais insisté pour pouvoir aller avec Atsuko voir Alyss.

Les hurlements des mômes près des manèges à sensations fortes firent sortir Atsuko de sa rêverie. Elle n’oublierait jamais sa rencontre avec sa meilleure amie. Le moindre détail était gravé dans sa mémoire.
Elles mangèrent des glaces à l’italienne, Lily toujours sur leurs talons puis s’en allèrent faire une dernière fois un tour de carrousel. Atsuko affectionnait beaucoup ce manège-ci. Elle se souvenait très bien que lors de leur première rencontre, un vieux carrousel était positionné dans le parc. Elle l’avait vu de loin mais se rappelait encore précisément la musique qui en émanait. Un air étrangement similaire à celui sur lequel Atsuko et Lily étaient en ce moment même.
La nuit était tombée désormais. Il était l’heure de rentrer.
Lily poussa un bâillement légèrement exagéré.
Son aînée la fusilla du regard.
Atsuko attrapa la main de sa petite sœur puis dit au revoir à Lindsay et à Alyss.
Atsuko serait bien restée encore un peu tôt mais sa gouvernante avait dit de rentrer dès que Lily serait fatiguée et, de préférence, avant qu’il ne soit trop tard. Elle savait très bien que sa cadette était plus morte d’ennui que de fatigue mais ne daigna pas en faire la remarque. Elle avait déjà assez d’ennuis avec elle, pas la peine d’en rajouter en se disputant avec la petite.
Elles arrivèrent à la maison, Lily fonça dans le frigo chercher quelques carrés de chocolat.
Atsuko, elle, resta sur le pas de la porte.
Elle soupira une nouvelle fois avant d franchir le seuil. Toute cette richesse ne l’avait en aucun cas manqué durant sa journée. Elle enviait tellement Lindsay et sa famille. Si tout était à refaire, elle n’hésiterait pas et irait vivre avec eux ou bien choisirait d’avoir des parents ni riches ni pauvres. Juste correctes.

~


Pas une seule tâche ombragée ne salissait le magnifique kimono d’Atsuko. Depuis qu’elle avait ôté la vie pour la première fois, elle faisait toujours attention à son habit, son porte-bonheur, c’est ainsi qu’elle le considérait. Elle ne s’en vêtissait que lors des mises à morts.
Ses yeux brillèrent lorsque ses lames vinrent à la hauteur de la joue de l’ivrogne. Elle attendait ce moment depuis si longtemps. Son poignard traça un sillon dans la peau, son doigt vint effleurer les gouttes de sang qui s’en dégageaient. Il ne faut pas croire que la mise à mort était le moment le plus jouissif de cette partie de la chasse, loin de là ! La traque était ce qu’il y avait de plus captivant. Elle aimait amener ses proies dans des endroits clos, dans des culs de sac. Là, elle était sûre de les tenir à portée de main. Elle aimait le contact physique avec la victime, elle aimait leurs yeux apeurés, voir ces corps puissants l’imploraient à genoux. Elle aimait ce sentiment de puissance. Elle se sentait l’égal de Dieu dans ces moments-là. Elle seule décidait de qui vivrait et de qui mourrez. Prendre la vie peut être une forme de jouissance. C’est l’orgasme divin, comme elle l’appelle. Le pouvoir de vie et de mort lorsqu’elle a terminé la traque, que la proie est face à elle, que sa victime est en face d’elle, impuissante. Il ne reste alors plus qu’elle pour prendre une vie ou pour la laisser. C’est son pouvoir de vie et de mort sur ce qu’elle vient de pourchasser, un droit quasi divin. La décharge émotionnelle, au moment où le coup part, où elle sait qu’elle vient d’arracher une vie au cosmos, est une ivresse formidable. Il y a des hommes qui peuvent se faire happer par cette ivresse. C’est ce qu’il y a de pire. Car personne n’en revient. Pourtant, Atsuko avait elle, encore conscience de la réalité.
Elle ne s’était pas perdue.
Pas encore.
L’homme puait l’alcool. Au moins personne ne le regretterait. Elle s’attaquait toujours aux clochards d’Ottawa, au moins était-elle sûre qu’ils n’auraient personne à qui manquer, personne ne pleureraient leurs morts. Il ne faut pas croire qu’Atsuko n’avait qu’un misérable cœur de pierre. C’est même le contraire. Si le sang maculait ses doigts, jamais elle n’avait tué de gens en plein jour, ni de femmes ni d’enfants. Juste de pauvres SDF.
La jeune fille avait quitté la demeure familiale il y a quelques mois à peine. Elle ne supportait plus ni son père, ni sa petite sœur. Elle s’était enfuie le jour de ses quatorze ans. Bien sûr, au début elle ne sortait que la nuit, tuant de temps en temps, pour se prouver qu’elle existait et que sa vie avait un sens. Mais cette pulsion l’avait poussé à commettre toujours plus de meurtres.
L’ivresse du sang.
Est-ce prendre goût à l’excitation de la chasse ?
Non. C’est prendre goût à l’excitation de la mise à mort. La criminelle ne se contentait plus de tuer sobrement, voilà qu’elle variait la méthode. Sans doute n’y a t-il que très peu de chance pour qu’elle s’arrête. Au contraire, elle continue sur le même rythme étant donné qu’elle n’est pas inquiétée. En multipliant les méthodes de mise à mort, pour éprouver le plus de plaisir possible.
C’était ce qu’elle faisait en cet instant.
C’est la personnalité qui détermine quel type de chasse on préfère. Les hommes ne font pas les choses par hasard, pas lorsqu’ils les répètent encore et encore, et certainement pas lorsqu’ils le font par plaisir. Le plaisir de chacun en dit long sur ce qu’il est.
Pour être un bon chasseur, il faut connaître sa proie. Être capable d’anticiper ses réactions. Il doit l’observer pour connaître ses habitudes, savoir qui elle est, comment elle va réagit lorsqu’il apparaîtra, l’arme au poing. Pour ne pas se faire surprendre et qu’elle lui échappe. Ce serait une catastrophe, son plaisir longuement préparé tout à coup gâché. Sa colère ensuite pourrait être à la mesure de l’orgasme divin qui lui a filé entre les mains !
Ses poignards étaient ses armes préférées. Presser le bouton de la détente était un geste bien trop simple, trop banal aussi.
Mais que se passera t-il une fois qu’elle aura testé toutes les méthodes ?
La vérité est qu’il n’existe aucune méthode parfaite, c’est la décharge de l’orgasme divin qu’elle recherche, et il se passera avec elle ce qu’il se passe avec toutes les formes de plaisir addictif. Que fait un alcoolique ou un drogué lorsque l’absinthe ou l’opium ne lui font plus assez d’effet ?
Il augmente la dose. Il consomme encore et encore, jusqu’à l’orgie.
Il est déjà difficile d’éloigner un homme de l’alcool ou de la drogue, mais lui faire abandonner l’ivresse d’un orgasme divin ? Il faut savoir s’arrêter juste avant, car si on franchir le cap du crime, c’est trop tard. Celui qui, de par ses actes, s’exclut du royaume des hommes, devient un fantôme de la civilisation. Et nul fantôme ne peut reprendre son enveloppe charnelle.

Atsuko avait su s’habituer à la vue du sang. Chose qui la rendait malade, quelques mois plus tôt. Elle avait appris à s’endurcir, à évoluer dans un monde de chairs ouvertes. Certaines personnes ne manifestent plus aucune émotion devant le sang. Cette petite était de ces êtres. Elles avaient acquis une telle distance avec ce qu’elles voyaient ou faisaient qu’elles en avaient oublié l’essentiel : la vie. Lorsque le sang coule, c’est la vie à l’état pur qui se disperse, il est la semence de l’âme, et chaque goutte brille comme l’étendard de l’existence. Elle cultive un rapport au sang très particulier. Chaque confrontation est un travail sur l’autre, un travail sur soi. Et parce qu’il y avait cette bataille permanente, cette conscience du sang, qu’elle s’estimait à sa place.
L’homme gisait à ses pieds désormais, agonisant. Elle n’avait pas voulu finir le boulot qu’elle avait commencé. Elle préférait l’observer se vider de son sang.
Elle eut alors une idée.
Les mises en scène l’avaient toujours fascinés. Elle se souvenait très bien des pièces de théâtre qu’elle allait voir étant enfant, tenant la main de sa chère mère. Les acteurs, la scène, la pièce en elle-même, même les spectateurs avaient leurs rôles à jouer lors des prestations dignes des plus grands.
La petite observa les lieux. La scène n’était pas formidable pour faire passer un message. Mais un message à qui ? L’homme commença à couiner, ce qui la sortit de ses rêveries. Elle l’avait presque oubliée, ce porc puant ! Elle soupira. Le cadre n’était pas idyllique, loin de là. Avec un peu de chance, peut-être aurait-elle des spectateurs ? La ruelle était paumée mais peut-être y aurait-il quelques gamins qui viendront contempler son œuvre ? Avec un peu de chance, oui.
Ses yeux rouges vinrent se poser sur la larve dégoûtante qui geignait au sol. Elle devait finir ce qu’elle avait commencé. Elle ne devait pas laisser son œuvre inachevé. Elle le devait. Pour comprendre. Elle avait longtemps rêvé de remonter à l’origine du crime, comprendre l’acte que Caïn avait eu envers son frère. Elle était toute proche du but, elle le sentait. Mais elle devait faire attention. Elle ne devait pas se perdre. Les limites étaient là, sous ses yeux. Elle ne devait pas les franchir. Si jamais elle abandonnait corps et âme dans un carnage sans nom, elle n’aurait plus rien d’humain, si ce n’est son apparence. La frontière était mince, elle pouvait la franchir là, maintenant si elle souhaitait. C’était si tentant. Devenir le monstre qui hantait ses rêves et qui se cachait chaque nuit sous son lit. La vérité serait alors toute proche. Elle comprendrait réellement. Elle n’aurait plus besoin de se cacher derrière ce masque froid et rigide, cette carapace qui l’empêchait de vivre sereinement, cette même carapace qui la faisait souffrir.
Atsuko releva la tête de l’homme près de son visage. L’odeur était insupportable. Elle devait en finir au plus vite. Il gémissait désormais. Il ne lui inspirait que de la pitié, rien d’autre. Sa lame se refléta dans la lumière du lampadaire. Cette satanée fée électricité… Le poignard s’approcha doucement de la nuque. Il avait bien assez souffert. L’Enfer l’accueillerait à bras ouverts, elle en était sûre.
Le sang aspergea ses mains qui tenaient l’arme. Son autre main ne soutenait plus qu’un cadavre désormais.
Elle jeta le corps au sol, la rage et la haine s’entremêlaient. La colère avait une bien étrange couleur. Des larmes jaillirent alors. Un flot incontrôlable. Elle craquait. Elle ne savait pas pourquoi mais il lui était vital de pleurer pour se libérer. Alors la seule pensée qui lui vint à l’esprit fut la Divine Comédie, de Dante. C’était pitoyable. Descendre aux Enfers, franchir l’Achéron… Tout cela n’était que des mythes et des légendes auxquels elle ne devait pas prêter attention. Mais c’était plus fort qu’elle. La réalité ne pouvait que lui inspirer cette sombre histoire.

Acte III : Le Paradis

Atsuko avait essayé d’arrêter de tuer, bien sûr. Mais en vain. Elle se dégoûtait d’ôter la vie. Mais dès qu’elle essayait de refouler ses pulsions, se privant de cette ivresse du sang, elle ne tenait pas bien longtemps. Il arrivait toujours le moment fatidique où elle craquait. Ce n’était jamais très joli à voir, d’ailleurs. Maintenant elle essaye de vivre heureuse à Zaigou city. Elle espère chaque jour que personne ne saura assez intelligent pour deviner qui elle est vraiment.


Tu as certainement un petit prénom ou un pseudo ? : Atsu'
Combien de fois as-tu fêté le jour de ton anniverssaire ? : 15 fois
Où es-tu situé sur la planète Terre ? : En France
Une fille ? Un garçon ? Tu es .. ? : Une fille
Ta fréquence par semaine sur le forum ? : { 7/7 }
As-tu remplis ta feuille de personnage ? : Yeah !
& le code du règlement, tu l'as trouvé ? : Je cherche le secret de Zaigou City.



Dernière édition par Atsuko Nelka le Sam 13 Aoû - 13:35, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Atsuko Nelka ~   Ven 12 Aoû - 13:09

Bienvenue mon emmerdeuse ! Houuuu
Merci de ton inscription typerhappy
Bonne continuation & fais signe si tu as une question ou si tu as fini ta fiche ~

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MessageSujet: Re: Atsuko Nelka ~   Ven 12 Aoû - 14:53

Bienvenue Atsuko boogie
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MessageSujet: Re: Atsuko Nelka ~   Sam 13 Aoû - 13:35

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MessageSujet: Re: Atsuko Nelka ~   Sam 13 Aoû - 14:47

Tout est parfait, je te v a l i d e ~

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